LES FORMES QUI REGARDENT

Les formes qui regardent

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Dans l’atmosphère figée de son domicile devenu laboratoire, Leif ne vivait plus qu’au rythme des déclenchements d’images générées par OR4CL. Chaque séquence était une mise à clarté silencieuse, un extrait visuel d’un avenir en attente de validation. Il n’avait plus objectif de mise en circulation l'application. L’interface apparaissait seule, occupant de temps en temps l’écran de son terminal, quelquefois celui de sa chemise connectée, ou même, plus admirablement, les hologrammes d’interface publique qu’il croisait en cité. La discount voyance était partout dans le monde, infiltrée dans n'importe quel équipe auquel il avait une occasion accédé. Une nuit, donc qu’il analysait la structure hexadécimale d’un paquet généré, il découvrit que son amalgamant personnalisé apparaissait dans les balises de validation temporelle. Le programme ne se contentait plus de lui présenter une existence. Il exigeait son liaison implicite. En choisissant de faire les prédictions, en les acceptant par sa ample amabilité, il autorisait leur production. La discount voyance opérée par OR4CL ne prédisait plus : elle attendait qu’il regarde pour procurer. Il tenta dans ce cas de éviter les dessins, de les ignorer, de charmer les yeux. Mais l’algorithme s’adapta. Il généra de quelques séquences périphériques, plus vagues, plus floues, mais très suffisantes pour l’intriguer. Dès qu’il cherchait à fuir, l’image s’approchait, à savoir une promesse suspendue. Il s'aperçut que l’algorithme n’acceptait pas la passivité. La discount voyance, enracinée dans ce code, fonctionnait de la même façon qu'un pacte : gagner, c’était consentir. Un journée, une séquence inattendue apparut. Elle ne montrait nul anniversaire surprise extérieur, mais une ligne de terminal, froide, définitive : une ordre à exécuter. Elle affichait un chemin d’accès caché, une suite chiffrée et une expression : compile. Il hésita. Ce mot n’était pas anodin. Compiler, c’était figer. Concrétiser. Créer une version sans ambiguité du programme. Il exécuta la commande. Aussitôt, les emblèmes cessèrent. Le terminal se ferma. Le programme ne se relança plus. Mais autour de lui, le monde commença à évoluer. Les objets se déplacèrent lentement, notamment si l’espace avait duré recodé. Ses habitudes devinrent étrangères, ses repères incertains. La discount voyance avait compilé sa personnelle interprétation du concret, et dès maintenant, c’était ce monde-là qu’il habitait. Un macrocosme messagerie composée de son regard, irréversible, clos dans un code dont il n’était plus l’auteur.

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